Pourquoi la construction d’un mur le long de la frontière entre la Finlande et la Russie ?

Pourquoi la construction d'un mur le long de la frontière entre la Finlande et la Russie ?

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De tous les pays européens, c’est bien la Finlande qui partage la plus longue frontière avec la Russie : plus de 1 340 km. Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’inquiétude monte dans le pays nordique. En réponse, les principaux partis politiques finlandais se sont réunis le mardi 18 octobre 2022 pour s’accorder sur un projet de construction de mur.

« Nous étions déjà d’accord sur le projet, maintenant, le gouvernement va apporter des propositions concrètes au Parlement », a déclaré la Première ministre sociale-démocrate, Sanna Marin, après cette réunion. « Nous voulons nous assurer que nos gardes-frontières disposent d’un soutien suffisant pour effectuer un contrôle frontalier approprié et efficace. Nous devons être préparés à toute situation perturbatrice », a-t-elle justifié.

L’idée, qui n’est pas nouvelle, n’est pas de couvrir l’ensemble des 1 340 km, mais de se concentrer sur des zones stratégiques. Le mois dernier, les gardes frontières finlandais ont proposé un mur de plusieurs mètres de haut avec barbelés au-dessus, le tout équipé de caméras de surveillance et de capteurs sur plus de 250 km, soit environ 20 % de la frontière totale.

Cette bordure protégerait les zones considérées comme les plus à risque, principalement au sud-est du pays. Il faudrait jusqu’à quatre ans pour le réaliser pour un coût estimé à plusieurs centaines de millions d’euros. Dès qu’un premier financement sera disponible, une portion test sera construite d’ici à l’été prochain sur 3 km de frontière.

La crainte d’Helsinki concerne notamment les passages illégaux des Russes qui fuient leur pays, notamment la campagne de mobilisation militaire. Le ministre finlandais des Affaires étrangères a estimé à 40 000 le nombre de Russes entrés sur le territoire, même si certains sont retournés dans leur pays. La Finlande s’inquiète aussi d’une possible orchestration par Moscou d’une migration de masse comme une forme de guerre hybride.