Côte d’Ivoire : Désormais, il faut 8.5 de moyenne à tout élève pour éviter l’exclusion

Cette semaine, les élèves ivoiriens ont repris le chemin de l’école, avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête : Désormais, ceux qui auront moins de 8,5 de moyenne seront exclus en fin d’année. Une mesure ancienne qui réapparaît dans l’espoir de rehausser le niveau.

Avant la rentrée, le ministère de l’Éducation nationale a rappelé une règle, tombée en désuétude ces dernières années, interdisant à tout élève ayant moins de 8,5 de moyenne de poursuivre son cursus.

« Que va-t-on faire des élèves qui seront exclus ? C’est trop drastique ! », s’alarme Mariam Eïd, une mère de trois enfants. « On va en faire des bandits ! On veut que l’enseignement soit à la hauteur, mais pas à pas« , poursuit-elle.

Mais au collège Pierre Amondji d’Adjamé, dont la maxime « Qui cherche la perfection obtient l’excellence«  est affichée en lettres capitales sur les murs de la cour, la mesure est plutôt bien accueillie parmi les élèves. « Je trouve ça positif, ça va nous amener à redoubler d’efforts et travailler plus« , estime Djénébou, qui passe le bac en fin d’année.

« C’est une bonne mesure, le but, c’est d’améliorer nos connaissances et sortir avec une bonne formation« , renchérit son camarade de classe Seydou.

Pas exclus du système scolaire

La ministre de l’Éducation Nationale, Mariatou Koné qui vit sa deuxième rentrée à ce poste, défend de son côté ce tour de vis.

« C’est une mesure qui existe depuis les années 70 et qu’on rappelle pour inciter les élèves au travail et lutter contre la médiocrité« , explique-t-elle à l’AFP. « Les élèves ne seront pas exclus du système scolaire. Il y a des passerelles avec l’enseignement technique et la formation professionnelle« , ajoute-t-elle, espérant « rassurer les parents« .

« On ne doit laisser personne de côté. L’État doit réorienter ces élèves dans la formation d’autres métiers. Tous nos enfants sont utiles dans le développement du pays« , insiste Claude Kadio Aka, président de l’Organisation des parents d’élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (Opeeci).

L’objectif de ces nouvelles réformes est assumé par la ministre : « remonter le niveau«  de l’école ivoirienne et revaloriser les diplômes. Signe de ce durcissement, ces deux dernières années, le taux de réussite au bac flirte autour des 30 % contre 45 % les années précédentes.

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