Congo : Le président Felix Tshisekedi renvoie l’ambassadeur du Rwanda

Felix Tshisekedi renvoie l’ambassadeur du Rwanda

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Le président de la République démocratique du Congo (RDC) Felix Tshisekedi renvoie l’ambassadeur rwandais Vincent Karenga, en représailles au soutien présumé de Kigali à un groupe rebelle actif dans l’est du pays, a déclaré samedi le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. L’ambassadeur a 48 heures pour quitter le pays.

La décision du Conseil supérieur de la défense de la RDC d’expulser l’ambassadeur est intervenue à la suite d’une réunion gouvernementale visant à évaluer la situation sécuritaire dans le pays. Cette décision est susceptible d’aggraver les tensions entre la RDC et le Rwanda.

Les autorités de la RDC accusent Kigali de soutenir les rebelles du M23 qui combattent dans les provinces orientales du pays. Le Rwanda a démenti à plusieurs reprises cette allégation.

Les rebelles du M23 ont engagé de violents combats avec l’armée congolaise et se sont emparés de nouveaux territoires. Samedi, ils se sont emparés de deux villes importantes et ont doublé le territoire qu’ils détenaient.

La mission de maintien de la paix des Nations unies, connue sous le nom de MONUSCO, a publié une déclaration dans laquelle elle « condamne fermement les actions hostiles du M23 et leurs graves conséquences sur la population civile ».

Elle a également averti qu' »elle se tient prête à riposter vigoureusement en cas de nouvelle agression contre ses bases. » La MONUSCO a ajouté que quatre de ses soldats de la paix ont été blessés samedi par des tirs de mortier et des coups de feu.

Formé en 2012, le M23 est un groupe d’insurgés de l’ethnie tutsie. Il s’est fait connaître lorsque ses combattants ont pris cette année-là Goma, la plus grande ville de l’est de la RDC, avant qu’une offensive conjointe congolaise et onusienne ne les en chasse.

Après un accord de paix, le groupe est resté en sommeil pendant des années et nombre de ses combattants ont été intégrés dans l’armée nationale.

Mais le M23 a repris le combat fin 2021, accusant le gouvernement de ne pas avoir honoré ses engagements dans le cadre de l’accord.

En juin, il s’était emparé de la ville stratégique de Bunagana, près de la frontière avec l’Ouganda. On estime que les combats ont jusqu’à présent déplacé environ 250 000 personnes.