Bénin : encore une enfant victime d’agressions se3uelles

Bénin enseignant v!ol fillette 10 ans

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La fillette (10 ans) a été victime à deux reprises d’attouchements se3uels, d’après Bénin Web Tv. Les accusés sont des hommes, âgés respectivement de 23 et 27 ans. Selon les faits rapportés à l’ONG FND par la victime, ses deux bourreaux sont tous des voisins.

Selon le récit, les faits se sont déroulés pendant la rentrée scolaire. En effet, lorsque la fillette rentre de l’école, elle se retrouvait souvent seule à la maison, ses parents étant absents. « Ma maman me laissait mon déjeuner dans la chambre et je mangeais puis me reposais avant de repartir à l’école à 15h », a-t-elle raconté. Un jour, elle dit s’être rendue chez une couturière, une voisine. C’est-là où son malheur commence.

Une fois chez la couturière, la victime confie avoir été envoyée chez un autre voisin pour une livraison de colis. Celui-ci serait un Togolais, qui réside non loin de la maison de la victime. « Je m’étais rendue chez le Togolais et je lui avais transmis son colis. Il m’avait demandé d’attendre pour qu’il me remette de l’argent pour la couturière. Il était entré dans sa chambre comme s’il allait chercher l’argent. Pendant que je regardais ailleurs, il est ressorti de sa chambre sans que je ne m’en rende compte et m’avait subitement soulevée puis déposée par terre dans sa chambre. Il avait enlevé sa culotte et était resté dans son sous vêtement. Il avait soulevé ma robe et tiré mon slip vers le bas. Ensuite il avait enfoncé son doigt dans mon s3xe », a confié la victime.

La fillette avait mal, mais apeurée par le regard menaçant de son présumé malfaiteur, elle avait gardé le silence. « Quelques instants après, il m’avait laissée et j’étais retournée chez la couturière. « Je ne savais pas comment dire à la couturière qu’il avait mis son doigt dans mon sexe. J’avais peur d’en parler à maman aussi. Elle allait me taper », a-t-elle avancé.

Elle décide quand-même de se confier à l’une de ses camarades de classe

Terrorisée d’être frappée par sa mère, la fillette de 10 ans s’est résolue à confier sa mésaventure à l’une de ses copines. Cette dernière n’a pas hésité à narrer les faits à leur maîtresse de classe.

La maîtresse n’a automatiquement pas informé les parents de la victime. « Plus tard, j’avais fait une bêtise à la maison et ma maman s’était rendue à l’école pour en discuter avec ma maîtresse. A son arrivée, ma maitresse lui avait raconté l’histoire du Togolais. Une fois à la maison, elle m’avait posé des questions et je lui avais tout narré. Elle m’avait sérieusement grondée », a déclaré la victime, qui dit avoir subi un interrogatoire musclé, mené par sa génitrice.

Passé l’épisode du Togolais, la fillette s’est malheureusement retrouvée dans les griffes d’un autre bourreau. Cette seconde fois, c’est le frère de la couturière qui est pointé du doigt.

Comme d’habitude, ce jour-là, elle se retrouvait seule dans la chambre après les cours. Elle dit avoir été prise par surprise alors qu’elle changeait sa tenue.

« Il m’avait tirée et m’avait fait coucher sur le sol de notre salon tout en gardant mon visage fermé. Il avait tiré mon slip vers le bas et avait enfoncé son doigt dans mon s3xe. Lorsqu’il avait retiré sa main et voulait partir, j’avais vu son visage. C’était le frère de notre voisine couturière. Comme je ne voulais pas que ma maman me gronde ou me frappe, je n’ai rien dit aussi », a confié la victime.

Cette fois-ci aussi, elle ne voulait rien dire à sa mère. Elle agite le même argument, la peur d’être frappée pour justifier son silence. Mais elle a été obligée de briser le silence. « Pour une autre bêtise, elle s’était mise à me taper récemment en m’interdisant de lui mentir et de lui cacher des choses à l’avenir. C’est ainsi que j’ai dû lui avouer ce que le frère de la couturière m’avait fait », a-t-elle confié.

Quelques jours plus tard, la fillette a été conduite à l’hôpital par son père. Elle n’a pas été informée des résultats des analyses médicaux. La suite, c’est l’interpellation des deux présumés auteurs des attouchements s3xuels. Ils sont déposés à la prison civile de Calavi et attendent d’être fixés sur leur sort.

Œuvrer pour le dialogue entre enfants et parents sur la s3xualité

Au Bénin, la s3xualité reste encore un tabou dans bon nombre de familles. Certains parents pensent qu’en évoquant le sujet, ils poussent les enfants à la débauche. Une réflexion qui les empêche de mener le débat avec leur progéniture. Et pourtant, il s’agit-là d’une erreur d’appréciation, selon Helena Capo-Chichi, présidente de l’ONG Famille Nutrition et Développement (FND).

« L’enfant, à travers le dialogue avec ses parents, acquiert des capacités qui lui permettent de débattre aisément de certains sujets qui auront plus tard un grand impact dans sa vie », toujours selon la présidente de l’ONG FND, Helena Capo-Chichi.

Et d’ajouter pour conclure: « le dialogue parent-enfant permet à l’enfant de prendre davantage confiance en lui et de pouvoir se confier en cas de besoin et d’agression ». « Au travers des échanges, l’enfant est bien équipé par ses parents pour identifier les faits et gestes qui traduisent un environnement hostile de violences ».